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Histoire des arts – 5ème Le Moyen Age

Les caractéristiques du Moyen-âge

La période médiévale s’étend sur plus de mille ans. Elle débute lors de la chute de l’Empire romain d’Occident en 476. Elle termine en 1492 avec la fin de la Reconquista en Péninsule Ibérique et la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Dans nos programmes scolaires, elle s’identifie géographiquement à l’espace européen et notamment à l’Europe de l’Ouest.

Les historiens distinguent trois grandes périodes au cours du Moyen-âge :

Le Haut Moyen-âge : du V au Xème siècle

  • En Occident, les invasions barbares se poursuivent. La fusion entre Romains et barbares se réalise grâce à la christianisation.
  • En Orient, l’Empire romain d’Orient devient progressivement l’Empire byzantin. Cela donne naissance à une brillante civilisation byzantine.

Les Beaux siècles : du XI au XIIIème siècle

  • L’Europe occidentale connaît un essor économique (le commerce, l’artisanat), artistique et culturel (arts roman et gothique, enluminure…)

Les Temps difficiles : du XIV au XVème siècle

  • Les états et les populations subissent de nombreux fléaux : conflits armés (guerre de Cent Ans), épidémies (la Peste noire), famine.

La société médiévale est constituée majoritairement de population rurale et agricole. En effet, neuf Européens sur dix vivent à la campagne et 90% d’entre eux travaillent dans l’agriculture. La terre est une valeur forte. Elle représente le prestige et la richesse de son propriétaire (essentiellement des rois, des seigneurs et le clergé).

Au cours du Moyen-âge, la féodalité se diffuse dans la société. Elle se manifeste par l’établissement de liens de fidélité, de solidarité, très forts entre les individus (seigneurs, petits chevaliers, communautés monastiques, paysans, artisans…). Cela renforce l’autorité politique des seigneurs et du clergé. C’est pourquoi, en Europe de l’Ouest la lutte entre les rois et les seigneurs dégénèrent en conflits armés. Chacun cherche à établir son autorité sur son territoire.

Durant cette période, des ordres sociaux s’organisent au sein de la société médiévale. Le clergé prend la tête de cette hiérarchie sociale suivi par la noblesse puis le tiers-état. Chaque ordre social possède un rôle propre (prier, combattre, travailler) et favorise la survie de tous.

Les états européens sont unis par une même religion : le christianisme. Ils forment ainsi la Chrétienté ou l’Occident médiéval. La croyance chrétienne occupe une place primordiale dans la société et la vie des individus. Elle est organisée et encadrée par le clergé (séculier et régulier). Ce dernier impose aux laïcs un idéal de vie terrestre et spirituel. En effet, les croyants doivent mener une vie de « bon » fidèle sur terre afin d’entrer au Paradis après la mort et d’éviter des souffrances éternelles en Enfer. L’Eglise (clergés et laïcs) est le coeur de la société médiévale. Elle modèle les mentalités, les comportements et les paysages (églises romanes, cathédrales gothiques).

E. Lopez

L’art au Moyen Age

Le Moyen âge dure environ mille ans. C’est une très longue durée pendant laquelle les arts évoluent. Dans l’Occident chrétien, nous distinguons trois périodes qui se chevauchent : l’art carolingien (dit aussi préroman), l’art roman et l’art gothique. Dans l’empire byzantin, les arts évoluent plus lentement et de façon moins sensible.

 

 

Art roman, Facundus, Le Dragon
donne sa puissance à la Bête, 1047
Art gothique, La Visitation, Les très riches
heures du duc de Berry, Musée Condé, Chantilly

 

En regardant les deux images ci-dessus il est facile d’observer l’évolution de la représentation qui va d’une image symbolique, abstraite aux couleurs vives et aux formes aplaties à une image naturaliste aux couleurs nuancées avec une indication de la profondeur.

Au Moyen âge, l’art est essentiellement religieux à l’exception de quelques oeuvres commémoratives liées au pouvoir politique comme la Tapisserie de Bayeux.

Quelque soit la nature de son support (architecture, sculpture, peinture, etc.) l’image médiévale répond à une logique particulière très différente de celle de la Renaissance et encore plus de notre logique contemporaine. D’une façon générale, l’ordre et la stabilité s’opposent au déséquilibre et au chaos et symbolisent l’opposition entre les forces du Bien et les forces du Mal.

L’image médiévale cherche à raconter une histoire ou à traduire une idée par un système de signes conventionnels parmi lesquels nous trouvons la division de l’espace (la composition dans la surface), les gestes et les attitudes des personnages et les couleurs.
Dans une image narrative (qui raconte), les différentes scènes se lisent toujours de gauche à droite, de haut en bas ou selon un axe central.
Les proportions ne sont jamais conformes à la réalité, mais correspondent toujours à des conventions de représentation qui leur donnent une valeur symbolique. Par exemple, un personnage de très haute importance, qu’il possède une autorité religieuse ou politique est toujours représenté plus grand que les autres. D’autre part, la position des corps est fondamentale. Ce même personnage de très haute importance est la plupart du temps représenté assis de face. En revanche, un personnage agenouillé lui sera inférieur, en position de respect ou de prière. Un personnage représenté de profil (corps et visage) sera la plupart du temps perçu comme méchant.
Les gestes de la main forment un véritable langage de signes très facilement compréhensibles et qui se combinent comme des mots dans une phrase.
Les personnages ne sont jamais individualisés (à quelques rares exceptions près) par les traits physiques. Pour que l’on puisse les reconnaître on leur associe des attributs ou des accessoires et l’on écrit parfois leur nom. Par exemple, Saint Pierre sera toujours représenté avec une clé.

Ph. Monnet

Quelques oeuvres

 

Folio de la bible de Vivien, dite première bible de Charles le chauve, 49,5 x 34,5 cm, vers 869

 

Pendant le Moyen âge, les images sur livre et les peintures sont assez rares car les livres eux-mêmes sont rares et les hommes assez riches pour en posséder peu nombreux. La plupart des images se trouvent sur les murs des églises sous forme de fresque de sculptures ou de vitrail. Cette peinture du neuvième siècle se trouve dans une Bible ayant appartenu à Charles le chauve, un roi de France. L’image est encore influencée par l’art romain, qui développe le récit de façon linéaire sous forme de frise (voir les sarcophages sculptés) et représente l’anatomie des corps et 03 Folio de la bible de Vivien, dite première bible de Charles le chauve, 49,5 x 34,5 cm, vers 869 la profondeur de l’espace de manière vraisemblable. Le récit se développe selon un temps marqué par le rythme des arbres.

 

Tapisserie de Bayeux, 68,30 mètres x 50 centimètres Serment de Harold, réalisée entre 1066 et 1082, Musée de Bayeux

 

Le Duc Guillaume établit des liens vassaliques ou féodaux avec l’ennemi vaincu Harold. Un dialogue semble avoir lieu entre les deux hommes comme le montre les gestes des mains, les visages et les regards tournés l’un vers l’autre. Harold rend hommage envers son nouveau suzerain. Il s’engage ainsi à respecter de nombreux devoirs : la fidélité, l’aide militaire et financière, le conseil envers Guillaume. En échange, le suzerain doit assurer la protection de son vassal et lui accordé un fief. Ces deux hommes construisent ainsi de solides liens de solidarité en y engageant leur honneur, leur parole et en prenant des témoins (les soldats à droite, les conseillers à gauche, Dieu symbolisé par un reliquaire que les mains d’Harold touchent). Désormais, le Duc Guillaume possède un nouvel allié politique et militaire : Harold. Si ce dernier trahit son serment vassalique, il devient félon et subira la justice de son suzerain.

La Tapisserie de Bayeux est en réalité une broderie sur toile de lin qui se présente comme une immense frise. C’est un des seuls exemples d’art laïc au Moyen âge. Elle commémore la victoire de Guillaume le conquérant sur Harold à la bataille d’Hastings. Le dessin des personnages est marqué par un cerne noir et se détache très nettement sur le fond blanc du support. La représentation est parfois invraisemblable ; les personnages ne touchent pas terre, ils sont coupés et leurs jambes disparaissent, certains sont minuscules, d’autres très grands. Ici Guillaume apparaît plus grand que les autres : c’est un Duc. Il est représenté assis de face, c’est la posture qui représente toujours le pouvoir. Il tient dans sa main une épée qui est aussi une marque du pouvoir. Dans une représentation médiévale, les gestes ont toujours une signification précise ; ici Guillaume a la main fermée et le doigt tendu, ce geste indique que sa volonté s’impose.

 

Scène de banquet, Tapisserie de Bayeux

 

Durant le Moyen-âge, la noblesse se constitue en ordre social. Pour cela, les seigneurs, les chevaliers, les guerriers adoptent un mode de vie particulier comme le montre ce banquet. Tous les éléments de la broderie servent à affirmer la puissance sociale du seigneur : la cuisine sur le côté, les cuisiniers, le serviteur à genou, la table ronde, le seigneur au centre de ses invités, les aliments (viande, poisson, pain blanc), les coupes, les troubadours…

Le banquet est dessiné selon un schéma très classique à l’époque romane : les personnages sont représentés de face mais la table et les plats sont vus de haut. Le prince est représenté assis de face. Les jambes des personnages ont disparu pour que l’image soit plus facilement lisible et que le serviteur sous le prince ( nettement plus petit et presque agenouillé) apparaisse nettement.

 

Église Sainte Foy de Conques, Tympan du portail, vers 1041

 

Un Tympan est une grande surface de pierre en forme d’éventail placée au dessus d’un portail d’église et comporte un décor sculpté. La forme arrondie de l’éventail évoque la voûte céleste couvrant le Monde représenté par des bandes horizontales. Ici, L’image se compose de trois registres, un peu comme une bande dessinée et s’organise symétriquement autour d’un axe central marqué par le Christ et la Croix. Cet axe sépare le Paradis de l’Enfer. Le Paradis à la droite du Christ s’organise de façon ordonnée, l’Enfer à sa gauche est très chaotique. Le corps du Christ est nettement plus grand que tous les autres personnages car pendant tout le Moyen âge la vraisemblance n’est jamais respectée. Les proportions sont symboliques et marquent l’importance des personnages.

 

Vitraux de la Sainte-Chapelle, entre 1242 et 1248, Paris

 

La Sainte Chapelle se situe sur l’Ile de la Cité à Paris. Elle fut bâtie par le roi Louis IX ou Saint Louis au XIIIème siècle afin de conserver le plus précieux trésor du monde chrétien : les reliques de la couronne d’épines du Christ. Cet édifice religieux se compose d’une chapelle basse et d’une chapelle haute. La photographie monte la chapelle haute, notamment les vitraux et les croisées d’ogives.

Louis IX a acheté la précieuse relique à l’empereur de Constantinople Baudouin II. Cet achat est plus coûteux que la construction de la Sainte Chapelle. Il représente un acte religieux et politique car Louis IX prouve ainsi qu’il est un chrétien pieu et le roi le plus puissance du monde chrétien.

 

Sainte-Chapelle, Détail ; La Résurrection des morts, entre 1242 et 1248, Paris

 

A la fin des Temps, les chrétiens croient en la venue de leur Dieu. Ce dernier reviendra juger les vivants et les morts. Il emmènera avec lui les esprits des bons chrétiens au Paradis. Cet épisode est raconté dans le vitrail. Dieu se manifeste par l’intermédiaire d’un ange. Pour réveiller les esprits, l’ange sonne le cor en direction du cimetière (localisé autour des églises au Moyen-âge). Les âmes des défunts sortent des cercueils. Les artistes les représentent par des corps humains de couleur blanche ou grise toujours tournés vers la manifestation divine. Les esprits sont en communication avec l’ange soit par le regard, soit par l’audition. Les visages sereins symbolisent la foi qu’ils ont envers leur divinité et la certitude d’un avenir heureux.

Le vitrail est une technique qui va se développer et atteindre sa plénitude au Moyen âge puis progressivement perdre sa créativité au cours de la Renaissance. Il est formé de pièces de verre coloré assemblées par des baguettes de plomb, l’ensemble étant maintenu par une armature métallique ou une structure en pierre. La technique utilise le symbole de la lumière divine qui éclaire le monde. De fait, les vitraux ne peuvent se voir qu’en plein jour. L’ordonnance divine du monde apparaît ainsi à l’intérieur de l’église et rend visible au fidèle les Évangiles ou l’Ancien Testament. Les figures se détachent par un cerne noir réalisé par l’opacité du plomb. Les couleurs sont modulées par des nuances de gris appliquées sur la plaque de verre. La profondeur n’est généralement jamais suggérée. La représentation obéit aux règles habituelles de toutes les images médiévales. Ici un motif floral bleu évoque le ciel.

 

Simone Martini, Annonciation, peinture sur bois, 1333.

 

Cette représentation gothique de l’Annonciation s’inscrit dans un cadre hautement travaillé, entièrement recouvert d’or. Le cadre et l’image forment un tout inséparable. L’ensemble est construit de façon symétrique autour d’un axe central marqué par le bouquet de fleurs de lys. Chaque élément important se place sous une ogive de cadre. Les saints de droite et de gauche sont séparés de la scène par deux colonnettes indiquant qu’ils n’en font pas partie. Bien qu’il y ait des ombres qui marquent les volumes, les personnages se détachent sur un fond d’or sans aucune allusion à un quelconque arrière-plan. L’or symbolise ici la lumière divine dans laquelle baigne cette scène.

 

Anonyme, Portrait de Jean le bon, 59,8 x 44,6 cm, avant 1350

 

Jean le Bon est le fils de Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne. Il règne entre 1350 et 1364. Il est un descendant de la dynastie des Valois branche cousine de la dynastie capétienne. La légitimité des Valois reste très fragile. En effet, elle est en compétition avec la famille royale anglaise puisque le roi Edouard III est aussi un descendant des Capétiens. Cette rivalité déclencha la guerre de Cent Ans.

Ce portrait est une des premières représentations connue d’un roi. C’est la première fois au Moyen âge qu’un personnage est représenté par ses traits individuels.

 

Apocalypse, Mai^tre de Sarum, Salbury (Angleterre), vers 1250

 

Nous distinguons une enluminure c’est-à-dire une lettre décorée ou une image ornant un manuscrit. Elle occupe presque la moitié de la page. En dessous, les moines copistes ont tracé les cadres et les lignes pour présenter le texte. Cela demande un travail de patience dans le scriptorium (salle de travail des copistes). Plusieurs jours voire semaines sont nécessaires pour réaliser une page de manuscrit.

Cette enluminure évoque un thème religieux. A gauche, un monstre rouge symbole le mal, la tentation. La couleur rouge fait référence au diable, à l’enfer, à la souffrance. Le nombre six désigne au Moyen-âge le chiffre du diable. Il s’observe dans la forme de la queue du dragon. La bête attire à elle les chrétiens qui ne résistent pas. Les bras en avant, les mains ouvertes vers le dragon et la position à genou prouvent l’adhésion des chrétiens vers le mal. Ils abondonnent la « vraie » foi chrétienne et deviennent donc des hérétiques. Selon le clergé, ils risquent des sanctions (un interdit, une excommunication, le tribunal religieux de l’inquisition)pour les contraindre à revenir vers la « vraie » croyance et sauver leurs âmes.

Sur cette enluminure gothique, les formes sont cernées et se détachent sur un fond blanc. Les gestes des personnages sont codifiés et expriment l’acceptation du discours de la bête à six têtes, symbolique du démon. Les figures sortent légèrement du cadre dessiné ce qui leur donne un certain relief. Le cadre n’est pas une fenêtre à travers laquelle nous observons l’histoire, comme au cinéma, mais une simple limite qui fait ressortir la scène. Ce manuscrit a servi de source d’inspiration et de modèle à la tenture de l’Apocalypse d’Angers, la plus grande tapisserie jamais réalisée.

 

Détail de la tenture de l’Apocalypse conservée dans le château d’Angers. Elle fut commandée en 1375 par le duc Louis 1er d’Anjou

 

La religion chrétienne est au coeur des préoccupations des hommes au Moyen-âge. Ils craignent l’Apocalypse c’est-à-dire la fin du monde terrestre. A ce moment-là, les fléaux et les interventions du mal apparaissent sur Terre comme c’est le cas sur la tapisserie. Le monstre-dragon symbolise la tentation, le mal. C’est pourquoi, il possède six têtes et crache du venin. Il pourchasse l’ange pour le capturer et l’emporter en Enfer. Ce dernier semble s’échapper en direction du ciel pour être sous la protection du Seigneur. A gauche de la tapisserie, l’apôtre Saint Jean assiste à la scène.

Ce détail de la tapisserie d’Angers possède aussi une signification politique. Le Duc Louis 1er d’Anjou utilise le thème de l’Apocalypse comme propagande politique. En effet, il fait associer le monstre-dragon aux Anglais afin de légitimer la position des Français lors de la guerre de Cent Ans et de prouve sa fidélité à son suzerain (le roi de France). Les Anglais tout comme le monstre apporte le mal, la souffrance, la violence, les destructions dans le royaume de France. Les Français, symbolisés par des personnages dans la tapisserie, sont protégés par l’intervention divine (l’ange). Ils parviendront à vaincre coûte que coûte les forces du mal (= les Anglais).

La forme du démon est très nettement inspirée du livre illustré par le Maître de Sarum présentée ci-dessus. En effet, au Moyen âge, les images se construisent à partir de modèles qui circulent dans toute l’Europe et l’originalité, le caractère unique de l’oeuvre n’est jamais un critère d’appréciation. Observez les motifs à l’arrière-plan qui se détachent sur le fond bleu sombre ; ce ne sont pas tout à fait les mêmes du côté de la bête et du côté de l’ange ! Le Moyen âge raffole de ces petites variations qui font souvent la richesse des images.

 

Enluminure provenant du livre de prière de Jean de Berry, frère du roi Charles V le sage. Cet ouvrage fut conçu par Jean, Paul, Herman de Limbourg puis d’autres enlumineurs entre 1410 et 1485.

 

Cette enluminure représente le mois d’août et les constellations. Vous pouvez distinguer les membres de la noblesse et du tiers-état. Au premier plan, les nobles se reconnaissent par leurs vêtements, leurs possessions (la seigneurie, la réserve, le château, chevaux…), les animaux les entourant (chevaux, faucons, chiens de chasse…) et leurs attitudes (promenade bucolique, amour courtois, position hiératique des cavaliers…). Au second plan, les paysans effectuent des corvées agricoles et se rafraichissent dans la rivière. Cette dernière symbolise la frontière infranchissable entre les deux ordres sociaux. Enfin, la présence du château à l’arrière plan montre que le tiers-état est bien encadré par l’autorité de la noblesse. Cela prouve aussi les liens de complémentarité entre les ordres sociaux au Moyenâge. En cliquant sur le lien suivant vous pourrez voir toutes la série des enluminures du livre de Jean de Berry. www.herodote.net/Aout-synthese-1707.php

Plus nous avançons dans le XVème siècle, plus les artistes cherchent à définir l’arrière plan. Le lieu de la scène se précise, des paysages apparaissent qui représentent des espaces réels avec une certaine profondeur. Ici, il s’agit d’un vrai château qui a existé sous cette forme. Cependant les anciens codes de représentation subsistent et sur cette enluminure nous observons que les seigneurs sont montrés toujours plus grands que les serviteurs et les personnages secondaires.

 

Gentile da Fabriano, Les Rois mages, 300x 282 cm, Galerie des Offices Florence, 1423

 

Cette peinture appartient encore au style gothique par le cadre sculpté en forme d’architecture au sommet trilobé et au décor végétal recouvert d’or. L’or est aussi présent sur les vêtements de Rois mages et des personnages principaux. Tout cela disparaîtra complètement à la Renaissance où l’effort des peintres se portera uniquement sur la représentation en perspective de l’espace et la vraisemblance des proportions des personnages et des lieux. Dans ce tableau, les architectures ne sont pas proportionnées et les personnages principaux nettement plus grands que les autres. D’autre part, les Rois mages sont présents plusieurs fois dans le tableau. Une première fois en Orient puis au milieu de leur voyage et enfin une dernière fois devant l’Enfant Jésus. Une file ininterrompue de pèlerins relie l’Orient lointain à Jérusalem. Cette image merveilleuse nous semble aujourd’hui totalement invraisemblable car notre oeil contemporain a été façonné par les transformations de la représentation à la Renaissance.

L’architecture religieuse au Moyen âge

 

 

Poitiers, Façade de l’église Notre-Dame,
XIème début XIIème siècle
Vézelay, Nef de la basilique,
entre 1125 et 1130

 

Pour des raisons techniques, l’architecture romane est plutôt ramassée, les murs comportent peu d’ouvertures, les plans au sol, assez simples, sont de type « basilical ». L’arc « en plein cintre » maintient le poid de la pierre au dessus des ouvertures et se répète à l’aveugle de façon décorative. Nous le voyons très bien sur la façade de l’église Notre Dame la grande de Poitier. A l’intérieur de l’église, la nef et les bas côtés sont couverts par une voûte dite « en berceau ». La hauteur de cette voûte augmente plus on s’avance dans les siècles grâce aux progrès techniques. La voûte de la basilique de Vézelay (au dessus à droite) qui mesure un peu plus de 18 mètres est déjà assez haute.

 

 

Amiens, Cathédrale Notre-Dame, Façade Amiens, Cathédrale Notre-Dame, La nef et le choeur

 

L’architecture gothique résulte d’une évolution de l’architecture romane et ne constitue pas une rupture. C’est l’invention de l’arc brisé à la fin de la période romane qui va rapidement permettre d’atteindre de grandes hauteurs et d’autoriser la réalisation de larges ouvertures laissant pénétrer la lumière dans le bâtiment. D’autre part, plus tard dans la période, et de façon très discrète, c’est introduction d’armatures métalliques qui permettra de monter les murs encore plus haut. La basilique de Saint Denis est une des premières constructions encore debout à se démarquer du style roman. Le style gothique se définit véritablement par une recherche de la hauteur, de la lumière et d’un espace unique à l’intérieur du bâtiment devant acuiellir de très nombreux fidèles.

Tout comme l’art en général, le style gothique va évoluer et passer du « gothique classique » au « gothique rayonnant » et terminer son évolution avec le style « gothique flamboyant ».